03. Je ne suis pas un artiste

retranscription approximative :

Bonjour et bienvenue sur intimatopia, le podcast qui vous aide à renouer avec votre créativité. Je suis Lille Clairence, et je vais bientôt mourir.

En 2016, j’ai créé un jeu de rôle qui s’appelle le Lierre et la vigne. Ce jeu propose à 18 personnes d’incarner pendant un week-end une retraite d’artistes polyamoureux. Les participant·e·s sont issu·e·s de la “société civile”, iels ne sont ni acteur·ice·s, ni peintres, ni musicien·ne·s, et pourtant pendant le week-end iels vont interpréter des personnages qui sont artistes. J’ai envie de me pencher aujourd’hui sur ce qui se passe quand on propose à des gens qui ne se définissent pas comme artistes de jouer des artistes.

Le week-end dernier, j’ai joué Lou Cheyenne, quatorze jours de danse contemporaine. Lucie et Stéphanie, les autrices et organisatrices de cette expérience, nous ont proposé de traverser en une journée une résidence de danse de quatorze jours. Pour cela, on a fait une journée d’ateliers pour apprendre les bases de la reconnection au corps, du mouvement, de l’écriture chorégraphique. Et puis, pendant une journée entière, on a dansé. Six heures. Et à la fin, on a présenté trente minutes d’un spectacle.

Au début des ateliers, Stéphanie a dit : l’objectif des ateliers, c’est de transformer vos corps de joueur·euse·s en corps de danseur·euse·s.

C’est quoi, être un artiste ?

C’est quoi, faire de l’art ?

J’ai un Master de Recherche en Histoire et analyse des arts de la scène.

J’ai à ce jour monté cinq pièces de théâtre et une quarantaine de rituels-spectacles, et tous ces événements s’adressaient à des amateur·ice·s. Certains de ces événements ont été présentés à un public.

Est-ce que je suis le seul artiste ?

Parce que j’ai fait des études ? Parce que des gens veulent travailler avec moi ? Parce qu’il y a ce mot écrit sur ma page facebook ?

Pendant le Lierre et la vigne, j’ai vu certaines personnes commencer un roman alors qu’elles n’avaient jamais écrit une ligne de leur vie. J’ai vu des gens commencer ou recommencer à peindre, à composer de la musique, à danser.

Jouer des artistes a fait d’elleux des artistes.

La figure de l’artiste est un masque, et tu es libre de choisir de porter ce masque dès aujourd’hui. La figure de l’artiste est un masque, et tu es libre de choisir de porter de masque dès aujourd’hui. Tu remarqueras que j’aime bien répéter certaines phrases. C’est pas seulement une pratique autoérotique, c’est aussi, surtout, une façon d’ancrer certaines choses qui me semblent importantes.

La seule chose qui t’empêche de créer aujourd’hui, c’est toi. Depuis le Lierre et la vigne, certain·e·s ont continué à pratiquer. Certain·e·s ont même entamé une reconversion professionnelle.

Le Lierre et la vigne est un catalyseur. En proposant aux participant·e·s de porter un masque d’artiste pendant une journée, il donne un alibi pour créer “pour de vrai”. Ce sont nos mains, notre matrice créative, nos compétences, notre corps qui jouent. Et pourtant, sans l’excuse du cadre, sans l’alibi du rituel, pas de dépassement, pas de création.

Fais-tu partie de ces personnes qui, quand elles tombent amoureuses, se mettent à créer, à écrire, à faire des photos, à composer des chansons, à dessiner, à faire du sport ?

Pourquoi ? Pourquoi ne t’offres-tu pas le bénéfice de ce masque d’amoureux·se·s le reste du temps ? Quelles sont les conditions qui te rendent créatif·ve ? Comment peux-tu les créer et les reproduire pour toi-même ?

Depuis 2014, je travaille à mettre en place ces conditions pour moi et pour d’autres. J’ai compris que c’était ça, ma mission de vie. Ma mère elle dit “révéler l’art des gens”. Moi je préfère l’expression “regarder éclore”. Des fois j’ai l’impression que juste dire “je mets en place l’espace pour que tu joues” ça suffit. Des fois il faut un peu plus de boulot de ma part.

 

Mais en fait, ça dépend surtout de toi.

Est-ce que tu as envie de t’accorder l’espace de créer ?

Est-ce que tu as envie de t’accorder l’espace d’être un·e artiste ?

 

Tu te dis peut-être “oui mais moi je suis pas un artiste”.
Ok, accorde-toi le temps d’y penser cinq minutes. C’est quoi pour toi, un artiste ?
Qu’est-ce qui te vient en tête, là ? C’est quoi, l’image, le son, l’odeur, la sensation de cet artiste qui n’est pas toi, qui ne peut être toi ? à qui, à quoi cette personne ressemble ? Est-ce que c’est une personne réelle ? Tu la connais personnellement ?

 

Pourquoi cette personne est différente de toi ? Qu’est-ce qui vous différencie ?

 

Si ta réponse, c’est “le talent”.

Si ta réponse, c’est “la discipline”.

Si ta réponse, c’est “l’inspiration”.

 

Alors tu es au bon endroit.

 

Moi je crois que tout le monde peut être artiste. Tout-le-monde.
Par contre, tout le monde ne veut pas être artiste, et tout le monde ne veut pas être artiste tout le temps. Par exemple, toi, tu veux peut-être être boulangère et artiste. Ou psychologue clinicienne et artiste. Ou ingénieur en bâtiment et artiste. Certain·e·s veulent être artistes une heure par semaine. Ou trois jours par mois.

Ma figure de l’artiste, et elle m’appartient, c’est quelqu’un qui a un rapport au monde très particulier. C’est une sorte de magicien, de magicienne, qui arrive à transformer le lourd en léger, le léger en lourd, un·e alchimiste. Iel maîtrise des rituels qui permettent de vivre des émotions, d’entamer un processus de transformation, d’être témoin du vide. Des rituels de confrontation, de communion, de performance. Je reviendrai là-dessus dans un autre podcast.

J’ai créé ce masque pour moi. Je travaille dur pour ce masque là, j’ai appris à le porter, à assumer que je voulais le porter, le garder, le mettre souvent. Et plus je le porte, plus il devient une seconde peau, plus je peux me dire “ce masque, c’est moi”.

Tu te rappelles, à l’école, pour la kermesse, on créait notre masque en papier. C’est nous qui choisissions qui nous voulions être le temps de la fête. Pourquoi on a arrêté de faire ça ?

 

Est-ce que tu veux apprendre à créer et à porter ton masque d’artiste ?
Est-ce que tu veux apprendre à faire ça avec moi ?

 

Si oui, je te conseille de t’abonner, pour continuer de découvrir les outils qui te permettront de créer cette réalité pour toi-même. Si oui, je te conseille de cliquer sur mon offre de coaching.

 

Merci d’avoir écouté cet épisode jusqu’au bout, si ça vous a plu s’il vous plaît partagez-le, mettez lui cinq étoiles sur la plateforme sur laquelle vous l’écoutez, et parlez-en autour de vous. Je vous souhaite une très belle journée, une très belle soirée, une très belle nuit (en fonction du moment où vous écoutez ce podcast). Causez le moins de souffrance possible. A très bientôt.

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